Un petit con de première
la consigne: Un ado détestable. Une première séquence présente "le
monstre" dans l'établissement scolaire. La seconde scène nous le montre
chez lui. Et on comprend pourquoi le gamin est ainsi. (13
février 19) (Temps imparti: 10 mn)
1- À la porte du collège
2- Retour du collège
C'est vraiment un con, le Julien. J'aime pas ces mecs égoistes qui refusent de prêter leurs petites affaires. Ça va, j'allais pas lui bouffer sa gomme ! S'il n'avait pas gueulé comme un veau, parce que je me servais dans sa trousse, jamais je lui aurai collé mon poing sur le nez. Et cette connasse de prof m'aurait pas foutu à la porte. Moi, je dis, l'école, c'est quand même un petit moment de liberté. On peut être enfin soi-même, libéré pour quelques instants de l'emprise familiale. En fait, je m'y sens tellement à mon aise que, le soir, je peine à retrouver le cocon familial. C'est pour ça, que tous les soirs, je traîne en ville, une ou deux heures, avant de rentrer à la maison. Mais, quelque soit le moment où je rentrerai, je sais que, sur le perron, papa est là. Et il m'attend. C'est à la couleur de son fond de l'œil que j'estime le climat de la soirée. S'il a l'œil qui brille, c'est qu'il a bu un coup. Et que ça va chier. S'il a le regard éteint, c'est qu'il a bu beaucoup. Ça va être pire. On ne sait jamais sur quel pied danser. Moi, j'ai beau lui rapporter des petits souvenirs à mon papa -regarde, un billet tout neuf. Là, le sac d'une meuf. Ici, une médaille de Saint Chose- mais, rien ne semble le contenter. Je ne vois que son gros œil qui me dévisage et la bave qui coule au coin de sa bouche pâteuse. Dans sa main droite, il agite son ceinturon à clous.
- Approche, mon grand, et ne prends pas cet air de chien battu, je vais pas te manger. T'as quoi dans ton sac ? Tes cahiers d'école, bien sûr, mais qu'il est con, je suis pas aveugle. Je vois bien que tu n'es pas passé par l'épicerie. Et mes litrons, tu crois qu'ils vont venir tout seuls, sac à merde. Bon, allez, entre, faut qu'on discute.


